27 février 1876

Après que des navires de guerre japonais se soient emparés de l'île de Ganghwa qui appartient à la Corée, le Japon oblige ce pays, qui n'a rien militairement à lui opposer, à signer le traité de paix et d'amitié dit de Ganghwa. Ce traité reproduit et renforce encore les conditions de celui que le Japon avait initialement dû conclure 22 ans auparavant, avec les Etats-Unis, ouvrant la porte à l'avancée d'autres puissances occidentales alors en pleine politique d'expansion territoriale.

Le traité de Ganghwa, qu'on taxe aujourd'hui de traité inégal, porte sur le stationnement d'unités de l'armée japonaise, le droit d'exterritorialité, donc d'immunité, l'exonération de droits de douane pour toutes importations japonaises et l'introduction de la monnaie japonaise en Corée.


17 novembre 1907

L'envoyé de l'empereur du Japon Meiji, Ito Hirobumi, 64 ans, au passé déjà brutal,  use habilement de la pression et de la force pour faire reconnaître comme étant légale et légitime la signature du traité de protection d'Eulsa par cinq des huit ministres du cabinet du roi Go-zong, ce que lui avait été refusé par le roi lui-même. Selon ce traité, la Corée perd sa légitimité, sa souveraineté nationale et tous les droits qui en découlent en faveur du Japon. Ceci après que le Japon se fût assuré par un accord secret, le "Taft-Katsura-Agreement" du 29.07.1905, qu'en échange d'un droit accordé au Etats-Unis sur les Philippines,  ceux-ci ne mettent pas frein aux activités du Japon en Corée. Quand au Royaume-Uni de Grande-Bretagne, il avait à deux reprises, par les conventions de 1902 et du 12.8.1905, donné libre champs à la politique coréenne du Japon à condition que lui-même pût occuper les Indes.

A partir de ce jour, la Corée est placée sous protectorat japonais, dont l'autorité centrale s'appellera Tonggam-bu,  le "tonggam", nommé par l'empereur Meiji en est Ito, jusqu'à sa mort brutale en 1909. Lui succèderont Sone puis les généraux Terauchi (1910) Hasegawa (1916) et enfin Abe. Les ministères seront tenus par des japonais, les corps de police et d'armée coréens dissous. 50'000 soldats japonais sont stationnés en Corée.


Conférence de la Haye, juin - oct. 1907

Sur l'initiative de T. Roosevelt, l'invitation du Tsar Nicolas II et l'accueil de la reine Wilhelmine, la seconde conférence internationale de la paix réunissant 44 pays débattait sur le droit de la guerre (ou de la Haye), le droit des peuples et les conflits frontaliers. Et bien que la Corée eut reçu le 14 février 1906 une invitation des Pays-Bas, que le roi Go-zong y eut envoyé en avril 1907, en mission secrète, une délégation de 3 personnes, qui fît connaître par une lettre ouverte datée du 27.6.1907 les conditions imposées à son royaume et que Nicolas II de Russie en eut été informé au préalable par ses ministres, la Corée reçoit une fin de non recevoir. Mais les journaux en parlent. William T. Stead, un des premiers journalistes d'investigation qui disparaîtra avec le Titanic le 15 avril 1912, en fait l'objet d'articles dans le Times, le New York Herald et le Courrier de la conférence internationale de la paix. L'opinion publique du royaume des Pays-Bas s'empare du sujet, le casus Choson devient public.